Boucles de Theux: un rallye pour les ‘vrais motards’

Samedi prochain se déroulera la 41e édition des Boucles de Theux, l'un des deux rallyes routiers réservés aux motos encore organisés dans notre pays. Frédéric Stoffels, Président du Moto Club Theux-Franchimont, nous en dit plus sur cette discipline assez ancienne mais peu connue.

Disputer des rallyes à moto peut sembler étrange à première vue. Pourtant, cette discipline possède une riche histoire en Belgique. Le Moto Club Theux-Franchimont organise le week-end prochain la 41e édition des Boucles de Theux. Avec le Rallye Police, qui en était cette année à sa 58e édition, cette épreuve est le seul rallye pour motos encore mis sur pied dans notre pays. « Nous voulons sauver cette discipline », explique Frédéric Stoffels, Président du MC Theux-Franchimont. « Il y avait beaucoup de rallyes par le passé, mais de nombreux clubs ont arrêté car ces épreuves étaient compliquées à organiser. Pour chaque route empruntée, il faut obtenir une autorisation de passage de la part des communes. Pour les routes nationales, ce n’est pas nécessaire, mais nous utilisons de préférence des petites routes pour lesquelles il faut l'aval des autorités. Celles-ci doivent être averties de l'organisation d'une épreuve car nous voulons éviter les problèmes. »

Les Boucles de Theux sont davantage une épreuve de régularité qu'une épreuve de vitesse. Les concurrents doivent suivre un itinéraire bien précis et l'effectuer dans un temps imparti en respectant la vitesse moyenne imposée. Des contrôles de passage sont mis en place sur le parcours. La difficulté de l'épreuve est renforcée par le fait qu'elle se dispute sur routes ouvertes ; les participants doivent donc aussi respecter le code de la route. Il s’agit aussi d’une épreuve qui se dispute en soirée : les pilotes de la catégorie Experts démarrent à la tombée du nuit.

Road-book

Lorsqu’il est question de rallye, on pense davantage aux voitures qu'aux motos. Dans un rallye automobile, l'équipage est composé d'un pilote et d'un copilote. En moto, même s'il existe des catégories duo (side-cars ou moto avec pilote et passager), les pilotes doivent le plus souvent assumer aussi la navigation. « Le participant reçoit un road-book et doit suivre le bon itinéraire tout en respectant une moyenne », explique Frédéric Stoffels. Pour trouver la route à suivre, ce road-book fait appel au système ‘boule/flèche’. « Pour les ‘Experts’, il n'y a pas d'indication de kilométrage. Contrairement au road-book des concurrents ‘Promo’ », poursuit l'organisateur. En catégorie Experts, le degré de difficulté est donc plus élevé. Surtout la nuit… Ils doivent parcourir 240 kilomètres avec une moyenne de 60 km/h. Les concurrents  en ‘Promo’ effectuent un parcours de 190 kilomètres. « Sur le tracé, nous mettons en place une vingtaine de contrôles de passage, auxquels les concurrents doivent pointer à une heure idéale. » Pour toute minute d'avance ou de retard au pointage, le concurrent écope de pénalités. Le temps perdu ne se rattrape pas. Et gagner du temps est aussi proscrit. L'utilisation du GPS est naturellement interdite. Le concurrent pris en flagrant délit avec un GPS est directement mis hors-course.

Des spéciales ?

Pour mettre sur pied leur épreuve, les organisateurs ont commencé à demander les autorisations auprès des différentes communes dès le mois d’avril, histoire de proposer aux concurrents un parcours attractif. Pour définir ce parcours, ils ont fait appel à Pierre Moray, qui connaît très bien les petites routes de la région. Samedi, avant le départ de l'épreuve, deux motards effectueront une fois encore l'intégralité du parcours afin de contrôler l'itinéraire et de vérifier s'il ne faut pas apporter des modifications de dernière minute au road-book, par exemple en cas de travaux ou d'événements locaux.

L'an dernier, comme pour les rallyes automobiles, des spéciales avaient été intégrées au programme. Ces spéciales sont des portions du parcours qui sont fermées à la circulation et sur lesquelles les concurrents se battent contre le chrono. Pour l'édition 2014, le MC Theux-Franchimont a décidé de délaisser ces spéciales de vitesse à la demande des participants et pour des raisons organisationnelles. Frédéric Stoffels: « Ces spéciales étaient trop chères à organiser car nous devons à chaque fois prévoir des commissaires de piste, un docteur et une ambulance. Nous voulions revenir au concept des premières éditions. » Ou comme le club organisateur le précise sur son site : « On revient à la formule qui a fait le succès de cette épreuve : une magnifique boucle de navigation sur une seule journée qui fera la part belle à la régularité et à la précision. »

Bénévoles

Les membres du club organisent cette épreuve durant leurs temps libres et ne comptent d'ailleurs pas leurs heures. Voici quelques années, DG Sport (qui organise notamment les 6 Heures Moto et le Bikers’ Classics à Francorchamps) a mis sur pied un rallye, le Belgian Moto Tour, mais cette épreuve s'est arrêtée après trois éditions. « Ce n'était pas vraiment rentable », poursuit Frédéric Stoffels. « DG Sport est une société commerciale et vise la rentabilité. De notre côté, nous sommes des bénévoles. Nous ne voulons pas gagner de l'argent, mais perpétuer le sport dans notre pays. »

Aux yeux de Frédéric Stoffels, ce rallye est un événement réservé aux puristes, aux ‘vrais motards’. Le type de moto n’a pas d’importance, mais l’engin doit répondre aux prescriptions du code de la route et passer avec succès le contrôle technique précédant l'épreuve. L'organisateur espère une soixantaine de concurrents. Les inscriptions restent ouvertes jusqu'à samedi. Les pilotes doivent être détenteurs d'une licence émise par la Fédération Motocycliste de Belgique (FMB/BMB). Il est également possible d'obtenir une licence d'un jour.

www.motoclubtheux.be

 

Jeudi, Septembre 4, 2014