Six Jours Enduro: le bilan du manager

Si en 2016, la nouvelle réglementation qui, rappelons-le, tient compte aujourd’hui des résultats journaliers de l’ensemble des membres des équipes Trophy et Juniors alors qu’hier on oubliait le plus mauvais résultats d’un représentant de chaque nation, si, en Espagne, ces nouvelles règles ont bénéficié à notre équipe Juniors, ce ne fut vraiment pas le cas cette année. En perdant Jinali Cambré sur chute et blessure à l’épaule dès la deuxième spéciales chrono du premier jour et en voyant, le lendemain, la machine d’Antoine Magain refuser de se mettre en marche suite à un problème électrique, la Belgique, comme les USA d’ailleurs, était d’emblée exclue d’un classement  honorable aux concours interpays. La réglementation appliquée, dictée par des considérations financières (moins de pilotes de renom par équipe donc moins de frais pour les constructeurs) va à l’encontre de l’aspect sportif de la compétition générale. Sans nul doute, au contraire des Américains, nous n’aurions pas joué un rôle évident en Trophy face aux professionnels de la discipline, mais avec Antoine Magain, Matthew Vanoevelen et Jarne De Schaepmeester nous pouvions envisager une prestation intéressante chez les Juniors.

Pour le débat sportif ne devrait-on pas revenir à l’ancienne formule mieux à même de laisser toutes les Nations dans la course quasi jusqu’au bout de l’épreuve ?

Un beau bilan individuel

Malgré ces coups du sort, nos représentants encore en lice n’ont pas été abattus et le bilan individuel compense en grande partie la première désillusion. Ainsi Jérôme Martiny, Andrew Leloup et Matthew Vanoevelen ramènent une médaille d’or de Brive-la –Gaillarde, médaille attribuée si vos prestations ne dépassent pas les 10% de celles du leader de votre catégorie. Matthew aurait pu mieux faire encore et être le meilleur 125cc deux temps sans ses ennuis mécaniques qui l’obligèrent à terminer le motocross final à la poussette.

A ces distinctions s’ajoutent quatre médailles d’argent conquises par Bertrand Bailleux, inclus à l’équipe Trophy en dernière minute, par Jarne De Schaepmeester, qui découvrait l’épreuve ainsi qu’à Maxime Rorive et Nicolas Simar, remplaçant in extremis. Ces deux derniers, comme d’ailleurs Dimitri Persoons et Jean-François Hallet,  récompensés eux par une médaille de bronze, officiaient en catégorie Clubs. Une catégorie qui permit à Lionel Pecorella de venir au bout de ces six jours mais hors classement mais qui voyait aussi, pour sa 11ième participation,  l’abandon exceptionnel de Pierre Schmits et de Christophe Lemoine. Les deux furent complètement déshydratés lors des fortes chaleurs des premiers jours et devaient recevoir un appui médical pour retrouver leurs sensations. Quant à Martin Valenduc il jetait l’éponge suite à sa blessure à la jambe lors de l’étape initiale.

On ne peut passer sous silence la bonne ambiance et l’efficacité des bénévoles présents aux contrôles d’assistance. Bénévoles, qui, rappelons-le, consacrent finances et vacances pour venir en aide aux pilotes.

Une épreuve difficile

On s’attendait à une épreuve difficile, elle le fut plus encore en raison de la chaleur. Plus de 36° ont été enregistrés les deux premiers jours au point que l’administration locale hésita à autoriser les départs du mardi matin, leur département étant classé en zone à risques pour l’ensemble de la population.

Sportivement cette édition fut impeccablement organisée avec de belles spéciales, un parcours attrayant surtout lors des 3, 4 et 5ième étapes et une finale de motocross comprenant 22 séries menées à la baguette. Par contre, certaines lacunes apparues notamment dans la mise en place et la gestion du paddock, de certains contrôles horaires, des informations transmises avant et pendant l’épreuve. En fait, un ensemble de choses qui auraient pu être définies largement à l’avance.

La place de la Belgique

On peut se poser la question de savoir si notre pays à sa place dans ce débat de haut niveau. Ne nous faisons pas d’illusions, nous sommes des amateurs dans un monde professionnel et pour des questions financières il ne nous est pas permis de toujours envoyer le gratin de nos enduristes. Il faut savoir qu’à l’image des assistants, tous les pilotes, y compris nos représentants officiels, interviennent financièrement pour participer. Nos budgets sont minimes et loin, très loin, des 150.000€ qu’une nation comme la France, par exemple, dépense pour sa représentation.

On fait donc avec les moyens du bord.

L’objectif des responsables est d’abord de maintenir une présence belge dans ce concert international, ensuite de faciliter la découverte de cette épreuve exceptionnelle au plus grand nombre de nos enduristes tout en espérant aider quelques talents comme Antoine Magain ou Matthew Vanoevelen à éclore.

 

Philippe Borguet
Team manager

Philippe Rorive, Benoit Gossez

Lundi, Septembre 25, 2017